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Sophie

Le trou entre le salaire et l’AI

Une maladie longue ne coûte pas d’abord des soins : elle coûte un revenu. Et c’est le seul risque du système suisse où rien ne se déclenche automatiquement.

Ce qui s’arrête, et quand

En cas de maladie, l’employeur doit le salaire pendant une durée limitée, croissante avec l’ancienneté selon les échelles bernoise, zurichoise ou bâloise. Pour une première année de service, cela se compte en semaines, pas en mois.

L’assurance-invalidité, elle, ne verse une rente qu’après une incapacité durable, et rarement avant douze mois. Sa logique est d’abord la réadaptation : la rente vient après, si elle vient.

Entre la fin de l’obligation de l’employeur et la première rente AI, il n’y a rien d’automatique. C’est ce trou que l’assurance d’indemnités journalières comble — et elle n’est pas obligatoire.

Salarié : vérifiez avant d’en avoir besoin

  • Regardez votre contrat de travail ou la convention collective : beaucoup d’employeurs ont une assurance collective d’indemnités journalières, beaucoup n’en ont pas.
  • Si elle existe, notez le délai d’attente et le pourcentage du salaire assuré — 80 % pendant 720 jours est courant, mais rien ne l’impose.
  • En quittant l’entreprise, cette couverture s’arrête. Un droit de passage dans l’assurance individuelle existe souvent, avec un délai court : c’est la clause à demander le jour du départ, pas trois mois après.

Indépendant : c’est le seul filet

Un indépendant n’a ni employeur qui verse le salaire, ni couverture collective. Sans indemnités journalières, un arrêt de travail est un arrêt de revenu, le jour même.

Le prix dépend surtout de deux choix : le délai d’attente — 30, 60 ou 90 jours — et le montant assuré. Allonger le délai réduit fortement la prime, à condition d’avoir de quoi tenir pendant ce délai. C’est un arbitrage entre trésorerie et prime, pas entre couverture et prix.

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